ChouChou L’Amoureuse: Cobra

Burlesque Magazine

Cinq minutes. Un numéro d’effeuillage burlesque traditionnel dure en moyenne 5 minutes… C’est peu vous pensez? Mais il y a en réalité tant derrière… C’est ce que je voudrais vous montrer par cette rubrique où je demande à mes camarades de décortiquer un numéro de leur choix.
Un plongeon dans leur univers et dans leur processus de création. C’est parti avec l’effeuilleuse ChouChou l’Amoureuse.

Alors ChouChou, qui es-tu, d’où viens-tu?

Je suis ChouChou l’Amoureuse, géographiquement je viens de Bordeaux, et disciplinairement, je viens d’Egypt (danses Orientales Egyptiennes). Je me produisais solo en danses Orientales depuis 2005, mais j’ai eu envie de m’exprimer encore plus librement. Alors, j’ai créé mon tout premier numéro Burlesque, « Papa veut pas » en 2012 et intégré la compagnie du Bordeaux Collectif Burlesque (BCB) dans la foulée. En 2014 mon numéro de « l’assaut des Amoureuses » a été primé aux World Burlesque Games. Mais là je vais vous parler du Cobra

Comment t’es venue l’idée de ce numéro?

Je venais juste de mettre fin à une relation d’emprise, durant laquelle je me suis retrouvée à faire et à accepter des choses incroyables (dans le mauvais sens du terme). Je n’étais plus moi-même. Quand j’y repensais, je me disais que j’étais comme anesthésiée, hypnotisée. Un peu comme les cobras charmés par le joueur de flûte. Le cobra est aussi une divinité Egytpienne. La Déesse Ouadjet.

Comment as-tu choisi la musique?

J’ai cherché pour la première partie une musique avec de la flûtine et à consonance Orientale. Je n’utilise jamais de musique Arabe pour mes numéros Burlesque. Je mets un point d’honneur à respecter les traditions. Pour moi, un Saidi doit etre dansé avec une robe Saidi, une Eskandarani avec une Mélaya… la seule musique que je peux utiliser dans l’effeuillage, c’est le solo de percu. Moderne et pas rattaché à un costume ou une façon de danser particulière. Ou bien une musique occidentalisée. Bref. Apres des heures de recherche, j’ai trouvé!

Par quoi as-tu commencé à travailler?

J’ai commencé à travailler sur la création du Cobra, car la situation que j’ai vécu n’est pas propre à moi. Elle est typique d’une relation d’emprise. Qu’elle soit amoureuse, professionnelle, familiale… toutes les relations d’emprise. Et celà peut arriver à tout le monde. On ne se rend pas forcément compte qu’on est dedans d’ailleurs. Voilà, j’avais envie de partager une experience mais surtout un message d’espoir. On peut s’en sortir! Le Cobra hypnotisé est une Déesse, à la base, révélée une fois libérée. Ca n’arrive pas qu’aux femmes hein, mais vu que j’en suis une, parle au féminin… l’habitude… Bon, de toute façon, une Déesse sommeille en chacun de nous. Hommes comme Femmes.
Une fois que le sujet est là, je fais tout le reste en même temps. Le montage musique, le costume, la «chorée» (ou disons les top d’effeuillage), tout en continuant la réflexion et en m’instruisant pour les besoins du numéro.

Raconte-nous la conception du costume

La couleur de la Déesse Cobra est le vert papyrus, donc costume vert. J’avais l’impression d’être impuissante, ligotée pendant cette relation, donc pas de bras au début, et liens (toxiques!!) tout autour du corps. Je voulais que ces liens s’enlèvent un peu comme par magie pour symboliser le déclic. Une fois qu’on a eu notre prise de conscience, et qu’on met tout en oeuvre pour se libérer de ces liens, on a fait une bonne partie du chemin vers la libération. Donc là, dans le numéro, j’ai juste besoin de faire un clic, et les liens s’enlèvent tout seuls, la jupe tombe…

Qu’est-ce qui t’a posé le plus de difficultés?

Le plus dur à été de trouver le tissu parfait. Fluide, solide, brillant… et vert!! J’imagine que c’est parce que le vert porte malheur sur scène… j’ai été dans tous les magasins de tissus de Bordeaux et alentours, et à Paris. Et finalement, j’ai du en commander auprès du fournisseur d’une boutique Bordelaise.

Et au contraire, quelle est l’étape que tu as préférée?

Ce que j’ai préféré, c’est faire la coiffe parce que je n’en avais jamais fait de comme ca. Me creuser la tête, faire les tests pour trouver la matière parfaite pour les liens. Le panier à Cobra aussi, j’ai bien aimé. J’aurai pu le mettre dans les problèmes aussi car je l’ai refait plusieurs fois. C’est un casse-tête. J’adore ça! Alors c’est plus un plaisir qu’un problème!

La première fois?

Je l’ai joué pour la premiere fois en 2014 sur la grande scène de la Rock School Barbey, lors d’une soirée organisée par le BCB.

Un dernier mot?

J’ai eu envie de parler de ce numéro car je pense beaucoup à ce show ces derniers temps. Je me suis remise à bosser dessus. En plus en ce moment, toutes les personnes qui sont sous emprise, sont en grave danger. Je pense à elles, ces personnes, Femmes et Hommes, doublement séquestrés. Tenez bon, vous avez la force d’endurer tout ça, donc vous avez la force de vous en sortir

Je vous envoie tout mon amour

❤️

Amoureusement. ChouChou

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