Froufrou d’Absinthe : Crawfish

Burlesque Magazine
by Rosabelle Selavy

Elle a beau faire partie des tous premiers membres de la troupe, elle reste à mes yeux le « Petit Bonbon » du Cabaret Burlesque par sa fraîcheur, sa simplicité et son sourire. Pin-up de carte postale aux numéros exotiques et acidulés, elle nous parle aujourd’hui de son « écrevisse ».

Qui es-tu, Froufrou?

J’ai commencé le burlesque il y a bientôt 10 ans à Lyon, dans ma ville natale, en suivant plusieurs stages avec notamment Cerise Diva Champomy ou les filles du collectif local Reservoir Girls avant de « m’expatrier » à Paris où j’ai eu la chance de pouvoir faire mes armes auprès de Louise de Ville à La Pretty Propaganda. J’ai ensuite eu le privilège d’intégrer Le Cabaret Burlesque dès sa première date à La Nouvelle Seine en 2013. 

Comment t’est venue l’idée du numéro Crawfish ?

Une nuit… Je suis tendance insomniaque, je passe généralement quelques heures à tourner dans mon lit et mon imagination travaille beaucoup. Après 23h, je suis la plus créative et j’imagine des tas de numéros, costumes et chorégraphies… Cette idée de Crawfish alias écrevisse en Français a été tenace, j’ai attendu bien 4 ans avant sa réalisation finale. 

Visions de Monsieur G

Quelles sont tes influences ?

Mes influences partent de mes voyages en Louisiane et de la découverte du bayou et d’une culture très riche dont l’écrivisse est un emblème. 
J’aime aussi beaucoup les numéros animaliers et je trouvais l’idée de mettre en scène une écrevisse assez originale et novatrice. Les spectateurs ne s’attendent pas forcément à voir un crustacé sur scène, on est plus habitué à voir des chats ou des bunnies sexy sur scène qu’une écrevisse !

J’avais également envie de faire un clin d’œil à cette belle région ! Cela m’évoque aussi des souvenirs personnels. 

Comment as-tu choisi la musique ?

La musique a été une évidence pour moi ! Il fallait que je monte ce numéro sur la chanson « Crawfish » interprétée par Elvis Presley et Kitty White et issue du film King Créole
Les premières minutes du film – qui se passe dans les rues de La Nouvelle Orléans – plantent un décor pittoresque au son des voix d’Elvis et de Kitty qui font une ode à l’écrevisse. 

Ce morceau est assez court mais il permet d’introduire le numéro et de mettre en avant mes pinces autour d’une chorégraphie. Pour la seconde partie de mon numéro qui est purement de l’effeuillage, j’ai choisi un morceau de Kitty White très entrainant afin de conserver une continuité avec la première partie et d’apporter du dynamisme et de la légèreté. 

Quelles ont été les étapes de création ? 

Les pinces, ça a été le plus gros morceau pour moi, trouver la bonne taille, avoir un côté pratique, qu’elles soient légères, etc. Également trouver la bonne personne qui veuille se lancer dans cette aventure avec moi.
Une fois la création des pinces amorcée, j’ai commencé par la recherche musicale, cette fois-ci une évidence mais ce n’est pas toujours le cas. Puis j’ai commencé à explorer des pas dans mon salon avant de penser au costume.
Lorsque j’ai eu une sorte de « croquis » du numéro, je suis rentrée plus concrètement dans la réalisation. 

J’ai vraiment accouché de ce numéro après 4 ans à en rêver ; le jour où j’ai reçu mes pinces, c’était magique et excitant !
Je précise : aucune écrevisse n’a été maltraitée pendant la création de ce numéro !

Estelle Berengier

Raconte-nous la conception du costume.

C’est Milou Cosplay, une cosplayeuse française qui a relevé le challenge. On a ensemble planché sur la conception des pinces : Il nous a fallu trouver la bonne taille afin qu’elles se voient bien sur scène mais qu’elles ne soient pas trop imposantes, le bon tissu, à paillettes, car on n’a jamais trop de paillettes dans le burlesque !
Je lui ai fait entièrement confiance et elle a su combiner praticité et esthétisme. 

J’ai ensuite eu besoin d’une queue… J’ai tout naturellement fait appel à Lily Verda qui a réalisé la plupart de mes costumes. Je voulais une jupe sirène à froufrous qui matche un ensemble à sequins rouges que j’avais depuis quelques temps. Une queue que je pourrais retirer facilement mais aussi de façon esthétique et moins attendu : on est donc partie sur un zip qui remonte jusqu’aux fesses et qui permet de teaser !

Kalymar

Quelle est l’étape de création que tu as préférée?

La chorégraphie. C’est toujours ce que je préfère dans le processus de création. Aller au studio, faire des tests sur la musique choisie, voir qu’elles sont les limites, décortiquer les temps forts et laisser aussi son corps s’exprimer ! Ça peut apporter de belles choses. 

En général, je passe 3-4 séances studio afin de monter le squelette d’un numéro, je note tout dans un carnet. Mais le meilleur crash test reste la première scène qui permet ensuite d’amener quelques ajustements !

Quand l’as-tu joué pour la première fois ?  

À la Nouvelle Seine pour Le Cabaret Burlesque, le 7 juillet 2018 exactement. Je présentais deux nouveaux numéros le même soir… (en y repensant, j’étais un peu folle). Après plusieurs années à danser sur cette magnifique péniche, on se sent toujours plus « safe » de dévoiler un numéro pour la première fois dans ce cadre. 
Ma plus grande fierté a été d’emmener mes pinces avec moi à New York et de présenter ce numéro au mythique club du Slipper Room. 

Kalymar

Pourquoi as-tu choisi de parler de ce numéro en particulier ?

Je pense que c’est celui qui me tient le plus à cœur et qui semble toucher le plus le public. Je suis sortie de ma zone de confort en utilisant un accessoire inédit et en apportant une touche d’humour. 

Ce qui me fait le plus plaisir c’est d’entendre les rires des spectateurs au début de mon numéro lorsqu’ils découvrent mes princes ! 

J’ai aussi envie de le faire vivre et évoluer, avec cette période d’arrêt forcé, j’ai envie de lui donner un petit plus dans les mois à venir.

Estelle Berengier

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