La Machine vous reçoit

Burlesque Magazine
Alley Cat

Chaque semaine, nous demandons à un artiste de décortiquer pour vous un numéro de son répertoire. Aujourd’hui, c’est le Boylesque LA MACHINE qui s’y colle.

Olivier, aka La Machine, est un ancien parisien, passé par Nîmes et vivant aujourd’hui à Toulon. D’abord à la technique sur les spectacles (son métier principal encore aujourd’hui) et en couple avec une effeuilleuse depuis 2013, l’appel des paillettes n’a pas tardé à se faire entendre et PAF, un an plus tard, il montait sur scène! Aujourd’hui, il nous parle de son numéro LA MACHINE vous reçoit.

Comment t’est venue l’idée de ce numéro?

Mon travail de technicien me prend beaucoup de temps, le Burlesque passant donc au second plan, je n’avais pas vraiment de budget pour ce premier act. Il fallait alors imaginer une mise en scène et un costume accessibles avec des éléments pouvant se trouver facilement et à moindre coût.
En me baladant dans des rayons de magasins de fringues cheap, je suis tombé sur un MA-GNI-FIQUE peignoir rouge brodé d’un FA-BU-LEUX drapeau américain dans le dos. À ce moment là, les choses se sont mises en place dans ma tête de manière assez naturelle, s’est dessiné le côté « macho-ringue-chippendale-mal gaulé ».
Je n’avais encore jamais vu de numéro avec un personnage de ce type là. Il y avait une brèche et cela me correspondait bien.

Francis Beddok

Comment as-tu choisi la musique?

La colonne vertébrale de mes numéros est la bande son. C’est le cas de pas mal de performers je pense, mais en ce qui me concerne, un ou deux morceaux vont vraiment m’apporter des idées, des conneries, une attitude. Ce n’est pas moi qui choisis la musique, mais la musique qui me choisit! HAHAHA.
Le premier titre utilisé est un Barry White; I’m gonna love you a little bit more Baby. C’est LE morceau du love symbol qui s’assume, et la voix grave de Barry renforce le côté testostérone. Je pense que ce titre fait le même effet à tous les mecs. Quand on l’entend, on ne peut pas s’empêcher de rouler des mécaniques et de jeter un regard lubrique assuré aux personnes alentours (ou peut être ça n’arrive qu’à moi?).


Le deuxième titre est de Ty Segall; Finger, un super morceau garage dans toute sa splendeur. Court, efficace, guitares sales. Parfait pour finir d’élaborer le caractère de mon personnage. Bien down tempo, il permet de se trémousser langoureusement mais énergiquement. De là sont venus mes « célèbres » coups de bassin capables de faire péter les disjoncteurs de Bercy.

Quelles ont été les différentes étapes de création?

Tout a commencé par des flâneries dans les rayons de magasins d’usine, en attendant de tomber sur L’ELEMENT qui éveillerait mon esprit créatif. Une fois les bases du costume et le choix des morceaux fait, c’est en essayant différentes chorées ou conneries en musique que le personnage et l’action se sont écrits. Étape par étape au fil de la musique, l’histoire et les traits se peaufinent, amenant aussi son lot de modification de costume.

Raconte-nous sa conception justement

Alors vraiment très très basique. Un peignoir « américain », un débardeur, des chaussons imitation Vuitton, un calebar (oui oui, pire qu’un caleçon), des chaussettes dégueues avec portes-chaussettes, des lunettes comme le connard de Pascal qu’on avait au fond de la classe de 5ème en 1990, et une perruque à faire rougir de jalousie Magnum au réveil.
C’est ensuite ma partenaire de burlesque et de vie qui s’est très gentiment occupée de pimper tout ça, en y ajoutant quelques centaines de strass, une idée de noeud papillon etc… Parce qu’il ne faut pas oublier que même le personnage le plus crade et cheap se doit de briller sous les projecteurs.
6 ans plus tard, 10 minutes avant de monter sur scène, j’y ai ajouté des taches de vin (du vrai évidemment). Blague à part, un costume en Burlesque évolue constamment, ou du moins est entretenu.

Qu’est-ce qui t’a posé le plus de problèmes?

Honnêtement, en ce qui me concerne, c’est le costume qui est la partie la plus compliquée pour moi. Je suis assez flemmard à ce niveau là. Heureusement ma chérie me rappelle à l’ordre, me souffle dans les bronches (et finit par coller des strass haha). L’autre étape qui a été difficile, c’est la première moitié du numéro. J’ai toujours un peu de mal une fois entré en scène. Le diesel quoi…
Sur ce numéro j’entre accompagné de deux personnes choisies dans le public, je les assieds et je leur fais une sérénade (à la hauteur du personnage…). Cette partie dure environ 2 minutes.
C’est bien d’avoir les idées, mais une fois sur scène, cela peut être très long. Heureusement, la plupart du temps, c’est face à l’audience que tout se règle. Il suffit du regard d’une personne, de quelqu’un qui tousse, pour sauter sur l’occasion et jouer de ça. Dans une salle morte, j’avoue que je suis dans la merde.

Estelle Berengier

Quelle est l’étape de création que tu as préférée?

La chorée sans hésitation! Que nous soyons deux lorsque je réfléchis ou teste, ou que je sois seul, c’est souvent à base de fou-rires. Je lâche les chiens. Moi qui suis vraiment à donf de musique, quand je choisis un morceau, je le connais par coeur, donc il n’y a pas d’histoire de compter les temps etc…
Je place des conneries et des attitudes assez facilement sur les tracks. Je rigole tout seul, je kiffe, et j’ai hâte de le jouer en public.

Quand l’as-tu joué pour la première fois?

C’était en 2014. En juin il me semble, à une Glitter Fever au BADABOUM à Paris.

Pourquoi as-tu choisi de parler de ce numéro en particulier?

C’est mon premier « vrai »numéro. Il y en a maintenant des plus intéressants et engagés, avec de vraies histoires. Mais celui-ci me tient vraiment à coeur. Il a défini les bases de La Machine, son caractère, son déhanché.

Retrouvez LA MACHINE sur Facebook.