Coller ses Nippies

Mais comment ça tient? Voilà peut-être la question que l’on entend le plus souvent dans les cours d’effeuillage.
Burlesque Magazine
Lily Verda

Mais comment ça tient?
Voilà peut-être la question que j’ai le plus entendue dans mes cours d’effeuillage. Il n’existe pas de quelconque pince magique. On les colle! Voici un tour d’horizon des différentes possibilités qui s’offrent à vous. Mais tout d’abord, un petit peu d’histoire:

Les Nippies – également appelés Pasties, Nipple tassels ou tout simplement Cache-tétons – sont ces petits bijoux que les effeuilleuses se collent au bout des seins. Accessoires aujourd’hui incontournables dans le burlesque, ils s’imposèrent dans les années 20 afin de contourner les lois anti-obscénité et anti-nudité.

À l’origine, il s’agissait simplement de petits ronds de Buckram recouverts de tissu de couleur chair avec au centre une perle symbolisant le téton. Ces pièces délibérément toutes petites (à peine de quoi recouvrir l’aréole) laissaient croire à la nudité de l’artiste, ce qui ne fut pas du tout du goût des censeurs qui exigèrent par la suite de pouvoir les distinguer du fond de la salle!

On attribue les premiers nippies agrémentés de pompons à la Ziegfeld Girl américaine Carrie Finnell (1900-1963), connue pour contrôler ses muscles pectoraux de telle manière qu’elle arrivait à faire bondir littéralement ses seins l’un après l’autre hors de sa robe. Une figure qu’elle nomma les « Chestcapades » (« escapades de poitrine »). Je vous vois là, à essayer devant votre miroir de salle de bain!!!

Bon, c’est bien beau tout ça, mais pour nous mettre nous aussi au Tassel Twirling (et oui, c’est comme ça que l’on nomme le fait de faire tourner les pompons), il faut bien les accrocher ces fameux nippies…

Team colle ou team scotch, choisissez votre camp!

  • LA COLLE À POSTICHE

C’est par là que j’ai commencé quand j’ai démarré le burlesque et deux produits ont, pour moi, tout à fait fait le job: la colle à postiche de PARIS BERLIN ou la Spirit Gum de KRYOLAN.
Cette méthode ne supporte pas, par contre, une utilisation intensive. À éviter si vous changez de nippies plusieurs fois au cours de la même soirée, sinon gare aux brûlures. La colle peut également ne pas résister aux températures trop élevées: risque de décollage en pleine chorégraphie un soir de canicule et là, c’est le fameux « nipple gate« !

  • LE SCOTCH DOUBLE FACE

Là aussi, plusieurs possibilités. Vous pouvez utiliser du scotch double face spécialement conçu pour la peau (disponible en boutiques de lingerie par exemple), du scotch pour perruque (toupet tape sur les sites de vente anglo-saxons) et même du scotch moquette en magasin de bricolage! Et croyez-le ou non, le scotch moquette tient parfois moins bien que le scotch à perruque!
Une petite sélection:
– Les bandelettes TOP STICK de chez VAPON : très pratiques pour les tournées, toute petite boîte qui se glisse partout.
– Le scotch à perruque Ultra Hold de chez WALKER, pour lequel j’ai un avis un peu mitigé. Il tient extrêmement fort, parfois trop! Au point de déchirer les nippies un peu trop fragiles… Et c’est une tannée à découper. Par contre, dès qu’il fait chaud, plus rien ne tient.
– Le scotch double face FIXMAN en magasin de bricolage, pas cher, pratique mais parfois quelques petits accidents…
– Celui qui remporte tous les suffrages est le scotch double face KRYOLAN. Rien à redire. Il se déchire à la main et résiste à tout grâce à son tissage. À retirer néanmoins précautionneusement pour éviter de se faire mal.

Je sais que certaines artistes collent également leur nippies avec de la colle à faux-cils (comme on voit faire Dirty Martini dans le film Tournée par exemple) mais je n’ai, pour ma part, jamais testé. Et puis les tubes sont si petits, ça me ferait de la peine de gâcher…

Pour finir, un petit truc pour celles qui achètent des nippies pré-collés dans le commerce. Une fois qu’ils n’adhèrent plus, ne les jetez pas! Nettoyez les délicatement avec un peu de dissolvant pour ôter les résidus de colle puis passez au scotch!

Allez, à vous de jouer!